• Jeudi j'étais chez le coiffeur, assise au bac à shampoing. 

    À la télé un clip, je ne me souviens plus duquel. Un couple s'embrassait.

    La femme à ma droite "et après ça dit des "balance ton porc faut pas s'étonner, elles cherchent"

    La dame à ma gauche "bientôt dès qu'un mec nous regardera un peu trop il finira en prison".

    Moi au milieu en PLS je tweetais mon désespoir face à la situation. 

     

    Je n'avais ni le courage, ni l'envie, ni la force ce jour là de m'opposer à tant de bêtise. Et je m'en veux. 

    Parce que se taire c'est accepter, c'est cautionner. 

     

    J'ai toujours été étonnée des attaques des femmes entre elles.

    Je crois que certaines desservent tellement notre cause.

    Cette semaine m'a vraiment donné la nausée.

    Entre celles qui revendiquent "le droit à se faire importuner", d'autres qui ne trouvent pas que se faire frotter et toucher dans le métro soit traumatisant, et qui ont même de la compassion pour ces frotteurs, entre les femmes qui déclarent "avoir voulu se faire violer pour démontrer qu'on peut s'en sortir" je n'ai plus rien dans le ventre à vomir.

     

    Je n'en peux plus de lire des femmes clasher le corps d'autres femmes sous des publications facebook "sac d'os", "grosse vache", "anorexique".

    Je n'en peux plus de lire qu'une femme poilue c'est déguelasse, de voir que des mannequins sont menacées de meurtre ou de viol parce qu'elles décident de poser sans s'épiler. POUR DES POILS Bordel. DES POILS. On est TOUTES faites pareil, en quoi ça vous dérange si certaines décident de ne pas s'imposer une épilation ? Que vous n'aimiez pas pour vous ok, mais quand il s'agit du corps d'une autre en QUOI ça vous regarde Bordel ? 

    Je n'en peux plus des commentaires sur les réseaux sociaux. "T'es immonde", "t'es moche", est-ce qu'internet vous donne le droit de déverser votre haine ? Est ce que vous arrêteriez une femme dans la rue pour lui signifier que sa tenue vous déplait, que son nez est trop gros, que son cul est trop flasque ? NON Putain. Alors pourquoi POURQUOI MESDAMES, le faites-vous en ligne ? 

     

    Je n'en peux plus de lire des "mais souris ! " "t'es plus belle quand tu souris", sous un selfie où je n'éclate pas de rire, cette injonction qu'on fait aux femmes d'être toujours enjouée et joviale me donne envie de faire la gueule juste pour faire chier. 

    J'en ai marre des "ouhlala t'as l'air fatigué !" dès qu'on n'est pas maquillée.

    Je n'en peux plus de ces femmes qui pensent qu'une tenue justifie un viol, que "ouais mais certaines elles cherchent quand même", "mais l'homme c'est un prédateur c'est comme ça, si tu te tiens bien y'aura pas de problème"

    Je n'en peux plus des journalistes FEMMES qui n'emploient pas le mot "meurtre" mais "drame passionnel" ou autres conneries de ce genre.

     

    Je n'en peux plus des ricanements dans les vestiaires de salle de sport, des jugements sur une tenue, des "femmes faciles", des "salopes", des "briseuses de couple" comme si la femme était LA SEULE toujours en cause dans tout.

    Je n'en peux plus des lynchages faites aux mères par d'autres mères. Pas assez ceci, trop cela, MAIS ALLEZ CHIER BORDEL.

    POURQUOI ?

    Pourquoi ?

    Est-ce qu'on n'est pas déjà assez mal loties ?

    Est-ce qu'être traitées moins bien qu'un homme, être moins payées à travail égal, être importunées dans la rue, violées, tuées, excisées, mariées de force, mises au placard, virées, abandonnées PARCE QU'ON EST DES FEMMES n'est pas déjà assez lourd à porter ?

     

     

     

    Faut-il en plus de la pression de certains hommes et de la société subir celles d'autres femmes ? 

     

    Pourquoi ? S'il vous plait expliquez-moi. 

    Comment le combat pour l'égalité, la bienveillance, l'entraide ne peut pas faire l'unanimité ?

    Est-ce que ça ne serait pas plus simple, plus constructif, est-ce que ça ne nous ferait pas avancer plus vite ?

    J'ai envie de crier, de hurler, de secouer. Je me sens impuissante. 

    Alors oui ça peut paraitre très utopique comme billet mais en fait j'en ai juste ras le bol, en plus de ras la cape, et il fallait que ça sorte.

     

    Moi aussi j'ai été de ces femmes je dois le dire, j'ai jugé, j'ai pointé du doigt, j'ai moqué.

    Je ne crois pas que la perfection existe mais je suis convaincue qu'on peut prendre conscience des choses, grandir, avancer, s'améliorer et surtout je suis PERSUADÉE que l'union fait la force et qu'ensemble, avec nos différences, nos expériences, nos richesses, nos faiblesses et nos histoires il est plus facile de mener un combat. Notre combat pour un monde meilleur pour nous, pour nos filles, et pour l'humanité toute entière.

    En revanche en continuant à se tirer dessus dans notre propre camp on ne risque pas de beaucoup avancer. 

     

     

    PS : S'il vous plait lisez ce texte de Leïla Slimani. Elle explique tout ça tellement mieux que moi. 

    De la méchanceté des femmes entre elles.

    (source image Pinterest)

     

     

     

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    59 commentaires
  • Après ce titre normalement vous avez cette chanson dans la tête.

    De rien.

     

    Hier j'écrivais dans mon article pour la nouvelle année que, aller au cinéma seule, était sur ma to do list de 2018.

     

    Je ne sais pas depuis quand j'avais cette idée mais ça faisait un petit bout de temps c'est sur.

    Il y a parfois des incompatibilités de planning avec mes amies, ou des divergences de goût avec mon mec qui font que je me retrouve là, coincée, à avoir envie d'aller voir un film et à ne pas pouvoir.

    C'est quand même con.

    Puis il y a aussi les films qu'on n'a pas forcément envie de partager. De ceux qu'on sait qu'ils vont remuer quelque chose de trop grand à l'intérieur et pour lesquels on n'a pas envie de debrierfer ensuite en rentrant à la maison. 

     

    Pour toutes ces raisons j'ai parfois eu envie d'aller au cinéma seule donc, et je n'ai jamais osé.

     

    Pourquoi ? C'est vrai, pourquoi ? 

    Ça ne me pose pas de souci de manger seule à une table au resto, de boire un café seule à une terrasse, je préfère aller faire les magasins seule plutôt qu'à plusieurs alors pourquoi le ciné je n'y arrivais pas ? 

    Je sais que nous sommes nombreux dans ce cas, que, si certaines pratiquent depuis longtemps et adorent ça, d'autres comme moi étaient gênées d'aller s'assoir dans une salle obscure sans personne avec qui partager le pop-corn.

     

    J'avais, avouons-le, peur que les gens pensent que j'étais quelqu'un de seul, genre sans amis, voyez ? Ou de croiser une connaissance et de devoir faire face à la question "alors t'es venue avec qui ? ".

    C'est assez bizarre ce sentiment et je m'en rends compte d'autant plus en mettant des mots dessus là, parce que vraiment en règle générale je me fous pas mal de ce qu'on peut penser de moi alors des gens croisés au ciné... et pourtant ça me bloquait.

     

    Alors, aujourd'hui, 2 janvier, motivée à bloc, je me suis lancée.

     

    J'avais tout prévu :

    • achat des billets sur l'application du ciné, ce qui évite de faire la queue au guichet 
    • horaire creux : séance de 14h beaucoup moins d'affluence qu'à celle de 20h par exemple
    • film à l'affiche depuis plus d'une semaine
    • ne pas arriver à l'avance
    • prévoir gros manteau écharpe capuche en mode incognito 

     

    Pour cette première fois je ne voulais pas que ce soit pour n'importe quel film.

    "La promesse de l'aube" adaptation du célèbre livre de Romain Gary, 2ème sur ma liste de mes livres préférés de tous les temps juste après "La vie devant soi" du même auteur. 

    Typiquement un film que je n'avais pas envie de partager. 

     

    Nous étions 7 dans la salle, clairement 6 de trop à mon gout. Les 6 autres étaient par groupe de deux, ça va sans dire, je vous laisse imaginer combien le temps avant que les lumières ne s'éteignent m'a paru long.

    J'avais envie au choix : de me cacher sous mon manteau, en mode autruche, ou de me lever de mon siège et de crier : BONJOUR À TOUS JE M'APPELLE SERENA J'AI 35 ANS J'AI DES AMIS ET UNE FAMILLE JE SUIS SEULE ICI PAR CHOIX, JE NE VEUX PAS DE VOTRE PITIÉ, MERDE, C'EST UN CHOIX VOUS M'AVEZ COMPRIS ? REGARDEZ LÀ DANS MON TÉLÉPHONE J'AI PLEIN DE SMS D'ABORD JE NE SUIS PAS SEULE. C'ETAIT SUR MA TO DO LIST !

    Mais je me suis dit que c'était vraiment pathétique et surtout j'ai remarqué que je regardais les 6 autres personnes plus qu'elles ne me regardaient, je me suis donc rendue à l'évidence : elles s'en cognaient sévère de ma gueule, du fait que je sois seule ainsi que de mes problèmes psychologiques. 

     

    Soit.

     

    Le film commence et premier constat : c'est plutôt kiffant de ne pas avoir à partager son pop-corn en fait. 

    On a grave de la place, mon pop corn sur le siège de droite, mon sac sur celui de gauche, j'ai payé plein tarif mais j'en ai pour mon argent les gars. 

    Et puis j'ai pu pleurer sans qu'on me regarde, sans petite tape dans le dos, sans retenue, sans qu'on me tende un mouchoir. Bon ça c'était un peu con parce que je n'avais plus de paquet dans mon sac et que j'ai du me moucher avec la manche de mon pull, mais bref.

    J'ai pleuré sans retenue pour cette histoire qui me bouleverse, pour les mots de Gary que je pourrais faire graver dans mon coeur et ça m'a fait du bien.

     

    Lorsque les lumières se sont rallumées je n'ai pas bougé, je n'ai pas voulu me sauver, j'ai savouré encore un peu.

    J'étais seule à décider de quand partir, je n'avais pas besoin de m'exprimer tout de suite sur ce que ce film m'avait fait ressentir, juste le silence. C'était bien.

    Ceci dit maintenant je vous donne quand même mon avis : je trouve que c'est une très belle adaptation. Charlotte Gainsbourg est parfaite dans son rôle et Pierre Niney fait un Romain Gary très crédible (moins beau que le vrai, à mon gout, mais très crédible quand même). Le film n'est pas à la hauteur du livre, ça ne l'est jamais, cependant je le trouve très fidèle et vraiment à la hauteur. 

     

    Une fois dehors j'ai sautillé, j'étais fière de moi, c'est très con hein ? Je ne sais pas pourquoi parfois on se fait toute une montagne de choses aussi simples... Le regard des autres nous met bien des barrières et c'est dommage. 

    Aujourd'hui j'ai pris un élan et sauté par dessus l'une d'elles et je ne me suis même pas cassé la figure, c'est peut être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup ! 

     

    Elle a fait un ciné tout'seule.

     

    “"Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte la-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'Amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son coeur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus. Jamais plus. Jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'Amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passés à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous les côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'Amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine.”

     

     

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